• Kon'nichiwa ! ^o^

    Excusez-moi pour l'absence prolongée de ce mois de juin mais j'avais mes examens et... ^^' (ok, je me tais )

    Bref, je vous présente donc le premier chapitre d'Arsenal ! =D

     

    Chapitre 1 : Piégée

    - Pardon, pardon, je ne t’avais pas vue. Ça ne se reproduira plus.

    Un adolescent de 13 ans se prosterne presque devant moi pour s’excuser de m’avoir à peine bousculée.

    - Pas grave, dis-je en me détournant et reprenant mon chemin.

    C’est tout le temps comme ça, tous les jours. On m’évite dans les couloirs de l’école, à chaque fois qu’on commet un impair à mon égard, on s’excuse platement comme devant un tyran ou alors, on fait tout pour me satisfaire.

    Bon, d’accord. C’est vrai. Depuis que, du haut de mes 1m35, en 6ème, j’ai cassé la gueule à quelques 4èmes qui m’emmerdaient sérieusement, tout le collège éprouve un certain respect, si ce n’est de la crainte, à mon égard. Et maintenant que je suis en 3ème, ça n’arrange pas les choses. Les lycéens commencent à avoir peur.

    J’arrive devant le portail de ma maison. Je l’ouvre et le referme soigneusement pour ensuite monter les 2, 3 marches du perron et ouvrir la porte d’entrée.

    - Je suis rentrée ! Dis-je en posant mon sac sur le canapé du salon décoré par ma mère.

    - Ah ! Minuit ! Tu tombes bien !

    Je traverse la petite pièce chaleureuse pour arriver dans une cuisine moderne, elle aussi conçue par ma mère.

    Celle-ci est penchée sur le plan de travail. Je m’approche, elle lève la tête et dépose 2 bises sur mes joues blanches. Ses boucles brunes caressent mon visage fatigué. Ses yeux bleus plus bleus que bleus et pleins de douceur se plongent dans les miens, de la même couleur. Gentiment, elle me demande :

    - Tu veux bien aller plier les draps sur la table à repasser avec ton frère ?

    - Bien sûr, M’man.

    Je sors de la cuisine en laissant ma mère à son boulot et passe la tête dans la cage d’escalier menant aux chambres.

    - Crys’ ! Viens m’aider à plier les draps !

    - Ouais, j’arrive !

    Quelques secondes plus tard, Crystal, mon frère de 16 ans, descends les escaliers pour me rejoindre au salon. Avant de prendre 2 coins de draps, il me fait la bise. Puis, il me dit :

    - Alors, prête pour la soirée ?

    - Pas qu’un peu, oui ! Je lui réponds en souriant.

    Ce soir, avec mon frère, on va à une espèce de bal du lycée. C’est une fête pour les lycéens qui a lieu à chaque fin d’année et où les 3ème sont aussi invités.

    - Surtout que c’est à toi que Haikel a demandé pour être sa cavalière, cette année. Me dit-il, narquois, avec un clin d’œil.

    - Bof, de toute façon, si ça n’avait pas été lui, c’est toi qui m’aurais demandé. Personne d’autre n’aurait voulu.

    - Bah ! Dis pas ça !

    C’est la règle. Soit tu viens avec ton cavalier ou ta cavalière, soit tu viens pas. En gros, c’est ça. Haikel est mon seul ami et aussi le meilleur pote de mon frère. Ils sont dans la même classe.

    - Et toi, alors ? Tu passes chercher Lawschildes à quelle heure ?

    - C’est pas moi qui y vais, c’est son frère qui la dépose ici.

    - Quoi ? Et ça se prétend bon cavalier, après. J’vous jure !

    - J’y peux rien ! C’est lui qui a insisté !

    - Mouais, j’te crois, dis-je en souriant.

    Lawschildes a 14 ans, comme moi. Je ne la connais pas, on est pas dans la même classe. Enfin, même les gens de ma classe, je les connais pas, mais bon. Je crois que son frère est en terminal, d’après ce que m’a dit Crys’.
    Après avoir plié les draps, on monte dans nos chambres pour se préparer.

    J’entre dans la mienne que j’avoue pas banale pour une fille de mon âge. Les murs gris constellés de posters et les meubles noirs donnent un aspect sombre à la pièce. Seul le velux l’éclaire et la rend un peu plus sinistre. Je mets du temps à choisir ce que j’allais mettre. J’ai beau être un peu garçon manqué et avoir un style bizarre et sombre, je n’en ai pas moins beaucoup de vêtements.

    Je suis donc en train d’hésiter devant mon dressing plein à craquer lorsque mon portable se met à vibrer. Je le chope sur la table de nuit pour regarder le SMS qui venait d’arriver :

    Expéditeur inconnu.

    Pas bon, signe, ça, déjà…

    De l’Aurore,
    Jusqu’à l’Ombre,
    Dans la mort,
    Des frissons…

    Les jeux ont commencé.
    La Prison vous attend.
    Vous combattrez jusqu’à ce qu’il n’y ait qu’un seul survivant.


    Qu’est-ce que c’est que ce délire ? Encore un illuminé qui avait tapé un ou plusieurs numéros au hasard. Je l’efface, me retourne vers ma garde-robe et prends quelques robes pas mal pour les essayer.

    - Minuit ! Tu fais quoi ? On va être en retard !

    Quoi ? Déjà ? Pas possible que j’ai mis autant de temps ! Bon, tant pis.

    - J’arrive !

    J’hésite encore devant la noire et bleue et la noire et blanche à carreau. Finalement, j’enfile rapidement la deuxième, celle qui me va le mieux. En cuir noir avec quelques morceaux de tissus à carreaux blancs et noirs semblant être cousus à l’arrache. Je me sens bien avec les bretelles épaisses et confortables. Deux chaînes cliquettent, une petite sur ma poitrine et l’autre plus grande sur ma hanche. Par-dessus, je mets ma veste à capuche « oreilles de chats ». Je laisse mes cheveux, noirs striés de mèches blanches, tomber dans mon dos, jusqu’aux fesses et maquille mes yeux avec beaucoup de noir. Ça, c’est de la tenue ! Look punk comme j’aime.

    Je dévale les marches jusqu’au rez-de-chaussée où Crys’, Haikel et la ravissante cavalière de mon cher frère se tiennent déjà, prêts à partir.

    - Salut ! me fit-elle timidement.

    Je lui souris et viens lui faire la bise après l’avoir complimentée sur sa tenue qui n’était pas mal. Dans un style plus féminin, mais qui lui allait très bien : une robe bleue évasée, agrémentée d’une rose plus claire, en haut à gauche de la poitrine. Un petit gilet et des bottes à talons noirs venaient compléter le tout. Elle était aussi maquillée dans les mêmes tons, faisant ressortir ses yeux noisette ainsi que sa chevelure blonde parsemée de minuscules perles. Elle me sourit. Un sourire chaleureux, amical. Jamais aucune autre fille ne m’avait souri comme ça. Pour elles, j’étais une sorte de monstre ou de seigneur qu’il fallait respecter.

    - Moi aussi je peux avoir un bisou ? Me demande Haïk’ en me tendant ses lèvres. Mais je fais le tour pour lui effleurer les joues, rien que pour l’embêter.

    Lui et mon frère ont le même look que moi, Crys’ en un peu plus léger pour ne pas faire d’ombre à Lawschildes. Mon cavalier fait mine de ronchonner tandis que je vais chercher mes bottes à talons compensés. Avec elles, je fais presque sa taille.

    - Bon, ça y est, tu es prête ?

    Crys’ me presse en rigolant. En retour, je lui botte les fesses en sortant.

    Tout le long du chemin, on plaisante. Law’ et moi défendant la cause des femmes et les garçons celle des hommes. Bientôt, on arrive devant le gymnase d’où s’élèvent déjà les clameurs de la fête. On entre mais se perd bientôt de vue. Avec Haïk’, on rencontre des amis, discute, rigole, danse.

    La soirée est à son summum lorsqu’un drôle de sentiment s’empare de moi. J’ai une curieuse impression d’être épiée, suivie. Je jette quelques coups d’œil autour de moi. Mon regard est toujours attiré par 11 personnes. Je décide de ne plus y faire attention et de profiter de la fête mais, bientôt, Lawschildes arrive vers moi en courant difficilement à travers la foule, la mine inquiète.

    - Minuit ! Tu n’as pas vu Crystal ? Me cria-t-elle à cause de la musique trop forte.

    - Non, pourquoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

    - Je ne le retrouve plus !

    - Attends ! Je demande à Haïk’ !

    Je me retourne là où il devait être mais il n’est plus là, lui non plus.

    - Zut ! Où est-il passé ?

    Je regarde autour de moi sans le voir.

    - Viens dehors ! On ne s’entend pas, ici !

    Et je l’entraîne à l’extérieur. Quelques lycéens fument mais ils ne sont pas parmi eux et heureusement ! Sinon, je me serais fait un plaisir de leur botter le cul. Quelle idée de fumer !

    - Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Je demande à Law’, de plus en plus inquiète.

    - Je ne sais pas. Je discutais avec une amie. Je pensais qu’il était juste derrière moi, mais quand je me suis retournée pour voir, il n’était plus là. Alors j’ai supposé qu’on s’était fait séparé par la foule. Je cherchais depuis un bon quart d’heure quand je t’ai vue.

    - Tu as essayé son portable ?

    - Je… je n’ai pas son numéro, m’avoue-t-elle en rougissant.

    - C’est pas grave, je te le donne. Comme ça, tu appelleras Crys’ pendant que j’essayerai avec Haïk’.

    Après quelques tentatives, on abandonne. Apparemment, « nos correspondants ont éteint leurs téléphones ou sont hors du réseau téléphonique. » Je soupire, exaspérée.

    - Viens, on retourne les chercher.

    On entre à nouveau dans la grande salle et se sépare pour être plus efficaces. Je demande aux amis de Haïk’ et Crys’ mais c’est toujours la même réponse. Après avoir joué des coudes pendant une bonne demi-heure, je décide de rejoindre Lawschildes à l’extérieur, comme convenu. J’attends encore un quart d’heure. Elle n’est toujours pas là. J’essaie son numéro mais c’est la même chose que les deux garçons. Je décide de faire le tour du bâtiment. Peut-être qu’ils sont dehors en train de discuter sans s’être aperçus du temps qui passe ? Ou qu’ils s’inquiètent à mon sujet car ils ne me retrouvent pas ? Merde ! Où sont-ils passés ? De plus en plus inquiète, je cours, maintenant.

    Je m’arrête à un arbre pour reprendre mon souffle. Je n’y arrive pas. Mes bras me brûlent. Je retire mes manches pour les voir. Mes tatouages, habituellement noirs, ressemblent à de la lave en fusion, coulant dans les courbes et pointes abstraites.

    Ces dessins sur mes bras, je les ai depuis toujours, d’après mon plus lointain souvenir. On en a jamais parlé, dans ma famille. Comme s’ils n’existaient pas. Mais je me doute que mes parents ont dû en parler longuement, à ma naissance.

    La douleur se fit plus intense. Le souffle coupé, je tombe à genou, mes bras repliés sur mon ventre. Je veux crier mais je ne peux pas, juste gémir. Bientôt, je suis par terre, étalée de tout mon long. Un vertige me prend, le sol tangue. Des points noirs dansent devant mes yeux, puis je m’évanouis.

     

    Woili, woilou ^o^

     


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